LA DÉCROISSANCE : SOUMISSION DURABLE OU ÉMANCIPATION ?
Yves-Marie Abraham est membre de Polémos décroissance[1]
Dans un texte devenu fameux, intitulé « Leur écologie et la nôtre »[2], André Gorz prédisait en 1974 que, face aux conséquences toujours plus coûteuses de la destruction écologique, le capitalisme finirait par en tenir compte, après avoir longtemps joué la carte du déni. Selon lui, il y avait tout lieu de s’en méfier, et donc de promouvoir une écologie rigoureusement anticapitaliste. La suite lui a donné raison, y compris, on va le voir, en ce qui concerne la critique décroissanciste.
Dormez bonnes gens, tout va bien !
Dès le milieu des années 1970, les gardiens de l’ordre établi se sont activés pour faire valoir la possibilité d’un capitalisme vert ou, à tout le moins, sans danger pour l’humanité. Cela supposait un peu d’inventivité sur le plan lexical. Proposer un oxymore comme celui de « capitalisme écologique » aurait été maladroit, parce que cousu de fil blanc. Bro Harlem Brundtland et sa « Commission mondiale sur l’environnement et le développement », mandatée par l’ONU, en ont suggéré un autre, beaucoup plus subtil, celui de « développement durable ». Sur le plan théorique, ce sont les économistes orthodoxes qui ont fait le travail, en cherchant à démontrer qu’il n’y a pas de limites écologiques à la croissance économique, contrairement aux thèses avancées dans le rapport Meadows paru en 1972. Conclusion, prononcée par l’un des plus fameux de ces théologiens du Capital : « Le monde peut très bien se passer de ressources naturelles. Leur épuisement n’est qu’un événement, pas une catastrophe[3]. »
En somme, et pour parler comme les marxistes de cette époque, la superstructure de la société bourgeoise a rempli ses fonctions : rassurer les bonnes gens, de sorte qu’ils se cantonnent à leurs rôles de producteurs et surtout de consommateurs, pour permettre la poursuite du processus d’accumulation de capital. Il faut dire aussi que les chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont bien aidé à étouffer la critique anti-productiviste qui avait pris de l’ampleur dans les années 1960[4]. Le ralentissement économique provoqué par ces événements a certainement fait office d’éteignoir à l’égard de la flamme protestataire. Comment critiquer en effet les conséquences néfastes de la croissance économique, quand celle-ci se dérobe et que s’impose la peur du chômage ? Résultat : au cours des années 1980 et 1990, le capitalisme s’est mondialisé, tandis que la catastrophe écologique n’a cessé de s’aggraver et que se creusaient par ailleurs les inégalités entre humains.
Le réveil décroissanciste
Conformément à la dialectique des idées, c’est alors que la critique écologique anticapitaliste défendue par Gorz va en partie renaître de ses cendres, sous la forme d’un appel à une « décroissance soutenable » ou « conviviale ». Lancée au début des années 2000, contre l’idéologie du développement durable et celle du développement en général, la proposition véhiculée par ce slogan est simple : si l’on veut vraiment arrêter la destruction écologique en cours, ou au moins la ralentir, ainsi que réduire les inégalités entre humains, il faut cesser la course à la croissance dans laquelle l’humanité se trouve embarquée, et transformer en profondeur nos manières de vivre ensemble. Il s’agit alors essentiellement d’une critique, pas d’un programme politique, mais d’une critique radicale, que l’on peut qualifier de révolutionnaire.
Gorz lui-même avait utilisé en ce sens la notion de décroissance au début des années 1970, sans que personne ne s’en empare vraiment. Cette fois en revanche, ce mot-obus, comme dit Paul Ariès, connaît rapidement un certain succès. Pour quelles raisons ? Sans doute parce qu’il devient de plus en plus clair qu’il n’y aura pas de développement durable, mais aussi parce que les bénéfices de la croissance en termes de conditions matérielles d’existence sont de moins en moins palpables, au quotidien. Dans le meilleur des cas, depuis les années 1980, les « classes moyennes » occidentales voient leur situation stagner sur le plan économique, malgré la poursuite de la croissance. Contrairement à ce qui s’est passé pendant les Trente Glorieuses, au cours desquelles le taux de croissance était certes bien plus élevé, seule une toute petite fraction de la population – le fameux 1 % – en tire encore profit.
Dépassement ou récupération ?
Vingt ans après, où en sommes-nous ? À l’évidence, la décroissance a gagné beaucoup de terrain dans la bataille des idées. Certes, rares sont les politiciens qui s’en réclament[5], mais nombreux sont ceux qui s’y réfèrent, ne serait-ce que négativement, ce qui témoigne au moins du fait que cette idée s’est taillé une place dans le débat public. Les grands médias accordent aussi une certaine attention au discours décroissanciste, bien plus en tout cas qu’au cours des années 2000. Autre indice révélateur : le milieu de l’édition publie de plus en plus d’objecteurs de croissance, parfois avec succès – Ralentir ou périr de Timothée Parrique a été vendu à plus de 40 000 exemplaires. Enfin, cette idéologie a réussi à entrer à l’université et semble y prospérer. L’auteur de ces lignes y a contribué d’ailleurs en créant un cours et, plus récemment, un programme sur la décroissance à HEC Montréal.
Pour quiconque promeut la décroissance, il s’agit a priori de bonnes nouvelles. Cependant, depuis les appels inauguraux lancés en 2002 par Clémentin et Cheynet dans la revue Silence, ou par Latouche dans Survivre au développement, cette idée, en se diffusant, a fait inévitablement l’objet de toutes sortes d’interprétations, pas toujours compatibles les unes avec les autres. Tant et si bien qu’aujourd’hui des débats émergent entre promoteurs de la décroissance, notamment autour de la bonne manière de définir ce projet politique[6]. C’est la rançon de tout succès idéologique. Le problème est que l’approche qui tend à s’imposer actuellement risque fort de donner raison à Jaime Semprun et René Riesel[7], qui craignaient que cette idéologie contribue davantage à justifier une « soumission durable » à l’ordre en place qu’à susciter le désir d’en finir pour de bon avec la civilisation industrielle.
La décroissance comme moindre mal
En volume, l’essentiel de la production intellectuelle concernant la décroissance vient désormais du milieu universitaire (et fait l’objet de publications en anglais), ce qui n’était pas le cas à l’origine. La définition la plus souvent reprise dans ce milieu est proche de celle que propose Timothée Parrique : « La décroissance est une réduction de la production et de la consommation, avec quatre aspects : on le fait pour alléger l'empreinte écologique, de manière planifiée démocratiquement, en faisant attention aux inégalités et dans le souci du bien-être. » Autrement dit, la décroissance est envisagée comme un processus de planification démocratique, visant à réduire la quantité de matière et d’énergie mobilisée par l’économie, pour satisfaire au mieux les besoins essentiels de tous et toutes.
Dans cette perspective, il faut décroître avant tout pour éviter le pire. Le titre de l’ouvrage de Parrique déjà cité le dit bien : Ralentir ou périr. Ce n’est pas la course à la croissance en tant que telle qui pose un problème, mais certaines de ses conséquences néfastes, à savoir la dévastation sur le plan écologique et, dans une moindre mesure, les inégalités entre humains. Sous-entendu : si l’on pouvait éviter ces effets indésirables, il n’y aurait pas forcément de raison de s’opposer à la poursuite de la croissance. En tout cas, le rejet de cette course s’impose non pas parce qu’elle est détestable, mais avant tout parce qu’elle est impossible. Quant au motif principal de ce renoncement, il s’avère être le même que celui par lequel on justifie généralement la croissance : le bien-être. Sur le plan idéologique, cette conception de la décroissance n’entre donc pas en contradiction avec l’idéal utilitariste et individualiste sur lequel repose actuellement notre monde.
D’ailleurs, les décroissancistes qui privilégient cet argumentaire ne remettent guère en question non plus les bases institutionnelles et techniques des sociétés de croissance. En dépit de certaines déclarations anticapitalistes, bien rares sont ceux qui jugent nécessaire, pour établir un monde post-croissance, d’abolir les institutions centrales du capitalisme que sont l’entreprise, la propriété (lucrative), le travail (salarié), l’argent (comme capital) et la marchandise (comme support de valeur). À les entendre, des ajustements à la marge et des compromis devraient suffire. Quant à l’État bureaucratique, pas question non plus d’appeler à sa disparition : son intervention est considérée comme indispensable dans l’opération. Pour ce qui est des techniques à privilégier, il faudrait évidemment les « décarboner » et en faire des usages « responsables », mais l’on n’imagine pas se passer des procédés industriels ni des technosciences. La Fée électricité est inattaquable, l’avènement d’un Internet low tech et sous contrôle démocratique est un credo.
Fragilités argumentatives
Pourquoi ne pas endosser cette approche de la décroissance ? Son réformisme peut être considéré comme un atout dans la quête de nouveaux ralliements à la cause. S’en dissocier, c’est courir le risque en revanche d’affaiblir le camp décroissanciste, alors qu’il est déjà si minoritaire et que nous aurions intérêt à nous montrer plus unis que jamais face au recul des gouvernements actuels sur les questions environnementales. L’essentiel n’est-il pas après tout d’arrêter la catastrophe écologique en cours pour d’abord assurer notre survie ? Plusieurs raisons justifient pourtant que l’on se méfie de ce décroissancisme, dont les partisans ont d’ailleurs tendance à préférer se rassembler derrière la plus consensuelle notion de « post-croissance ».
Tout d’abord, l’argument selon lequel nous devons planifier une réduction de la production et de la consommation pour éviter un arrêt incontrôlé, donc potentiellement désastreux, de la « machine économique » présente au moins deux faiblesses. D’une part, c’est une affirmation contestable sur un plan scientifique : il n’y a évidemment aucune preuve que la course à la croissance butera bientôt sur les « limites planétaires ». Les économistes orthodoxes ont beau jeu de le rappeler. Ces limites sont relatives et il reste fort possible que les « fonctionnaires du Capital » trouvent pendant encore un bon moment les moyens de les repousser, quitte à « augmenter » les humains de toutes sortes de manières pour leur permettre de continuer à produire et consommer dans un monde de plus en plus invivable[8].
D’autre part, soutenir que la décroissance s’imposera quoi qu’il arrive, sous une forme choisie ou subie, a quelque chose de contradictoire sur le plan politique. Cela n’incite guère à l’action, puisque l’on suggère ainsi que les jeux sont faits, en quelque sorte. Certes, il reste un choix. Cependant, l’option décroissanciste est d’autant moins engageante que son but n’est pas d’améliorer les choses, mais d’empêcher que celles-ci ne se dégradent davantage. Dans ces conditions, tant que la catastrophe reste hypothétique ou lointaine, n’est-ce pas plus sage de ne rien faire, surtout quand on jouit d’un « mode de vie impérial »[9], comme la plupart des lecteurs de ce texte ? À part une petite bourgeoisie culturelle en mal de reconnaissance et cultivant un vif ressentiment à l’égard des classes bourgeoises, qui pourrait bien vouloir relever un tel pari ?[10]
La décroissance comme libération
Toutefois, le problème que pose la course à la croissance n’est pas seulement qu’elle contribue à dégrader l’habitabilité de la Terre et qu’elle est structurellement injuste. C’est aussi qu’elle tend à transformer chacun d’entre nous en simple rouage d’une mégamachine à accumuler du capital et de la puissance technique. Autrement dit, elle est asservissante, aliénante, avilissante, réifiante.
Cette course repose en effet sur de vastes systèmes économiques et techniques dont nous sommes essentiellement les instruments, comme le suggèrent d’ailleurs des notions communément utilisées pour parler des humains dans ce monde, telles que celles de « ressources humaines », de « masse salariale » ou de « part de marché ». Or, nous n’avons pas le choix de contribuer ou non au fonctionnement de ces macrosystèmes, puisque nos vies en dépendent étroitement, et nous ne les contrôlons absolument pas, même si l’idéologie dominante tente de nous convaincre du contraire avec des slogans tels que « Acheter c’est voter! » ou « l’IA générative n’est qu’un outil ». Nous sommes donc littéralement soumis aux lois de fonctionnement de ces systèmes, qui sont celles du profit et de la puissance technoscientifique, ce qui nous impose, entre autres abjections, de collaborer, au moins indirectement, aux destructions et aux injustices qu’ils génèrent.
Pour quiconque prend au sérieux l’idéal des Lumières, selon lequel nous devrions aspirer à rester maîtres de nous-mêmes en faisant usage de notre entendement, cette situation a quelque chose d’inacceptable. Elle constitue une autre raison, bien différente de celles dont il a été question précédemment, de vouloir en finir avec la croissance économique. Dans cette perspective, l’enjeu de la décroissance n’est pas le bien-être, mais la conquête ou la reconquête d’une forme de liberté, que l’on peut nommer autonomie, à la suite de Cornelius Castoriadis ou, plus récemment, d’Aurélien Berlan[11]. Il ne s’agit pas simplement de rester en vie, mais de tenter d’en mener une qui soit digne d’être vécue. C’est d’abord parce qu’elle est détestable, plutôt qu’impossible, que la croissance est rejetée. Et son abandon n’est plus synonyme de renoncement, de sacrifice, voire de deuil, mais de libération, de soulagement et donc de joie, du moins aux yeux de celles et ceux d’entre nous qui accordent quelque importance à la liberté.
« Il faut choisir : se reposer ou être libre »[12]
Certes, le prix à payer d’une véritable autonomie n’est pas négligeable. Il comprend ultimement le démantèlement des macrosystèmes dont nous dépendons pour le moment, et l’invention d’une forme de vie sociale dans laquelle nous devrions prendre en charge nous-mêmes la satisfaction de nos besoins, sans déléguer cette tâche à des machines ou à d’autres humains forcés d’être à notre service. Concrètement, cela implique sans doute de chercher à réorganiser nos vies à une échelle locale, éventuellement dans le cadre de biorégions, en adoptant la perspective de la subsistance, qui consiste à tenter de satisfaire les nécessités de l’existence par et pour nous-mêmes. Pour y parvenir, tout en évitant de retomber dans des formes d’hétéronomie, il faudrait s’appuyer sur des communs et des « techniques démocratiques ». Enfin, idéalement, l’administration de ces régions autonomes devrait être prise en charge par des municipalités démocratiques, organisées en fédérations et dirigées par des assemblées citoyennes[13].
Il s’agit bel et bien d’un projet révolutionnaire, évidemment très exigeant, qui consiste d'ailleurs davantage à « sortir de l’économie » qu’à en inventer une autre, fût-elle « post-croissance »[14]. Mieux vaut l’envisager comme un horizon à atteindre, donc comme un point de repère pour l’action, que comme un programme à réaliser. Cela dit, l’ambition qui le fonde, celle d’une reprise de contrôle sur nos vies, a plus de chances d’enthousiasmer nos contemporains que le projet de décroître pour simplement éviter le pire. Elle est essentielle à entretenir en tout cas pour limiter les risques d’une gestion autoritaire des crises écologiques et sociales auxquelles nous avons affaire. C’est le danger d’une décroissance motivée avant tout par la peur de l’effondrement. Même « en faisant attention aux inégalités », comme dit Parrique, elle risque en effet de servir surtout à justifier à la fois l’austérité et la perte du peu de liberté qui nous reste. Certes, on nous promet une « planification démocratique », mais un tel oxymore est à peu près aussi rassurant que celui de « centralisme démocratique » proposé naguère par Lénine…
Évidemment, on peut aussi ne pas s’inquiéter de tout cela, faire confiance aux experts de cette décroissance utilitariste et privilégier au bout du compte le fait de rester en vie. Toutefois, comme l’écrivait Gorz en 1974, vaut-il la peine de survivre dans « un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition » ?
[1] Je remercie Ambre Fourrier et Noémi Bureau-Civil d’avoir relu et commenté une première version de ce texte.
[2] Une version écourtée de ce texte est disponible sur le site du Monde diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/2010/04/GORZ/19027
[3] Robert Solow, “The Economics of Resources or the Resources of Economics”, The American Economic Review, vol. 64, nᵒ 2, 1974, p. 11.
[4] Rappelons au passage que la critique anti-productiviste est aussi vieille que la révolution industrielle. Elle n’a pas attendu que la bourgeoisie occidentale commence à se préoccuper d’écologie dans les années 1960 pour être formulée. Voir notamment les travaux des quatre mousquetaires de « l’histoire environnementale » que sont, en France, Christophe Bonneuil, Jean-Baptiste Fressoz, François Jarrige et Thomas Le Roux.
[5] Outre Delphine Batho en France, qui préside Génération écologie, il faut souligner ici le travail effectué au Québec par Noémi Bureau-Civil, qui s’est présentée à deux reprises aux élections fédérales à titre de candidate indépendante, sous la bannière de la décroissance.
[6] Voir notamment le dossier du numéro 219 du journal La décroissance, paru en 2025, et en particulier l’article de Serge Latouche, « Transmission, triomphe ou trahison : de la décroissance aux « degrowth studies » », La décroissance, juillet-août 2025, p. 16-17. Et la réplique de Timothée Parrique : https://timotheeparrique.com/reponse-a-serge-latouche-letrange-cas-du-docteur-decroissance-et-de-mister-degrowth/
[7] Jaime Semprun et René Riesel, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, Paris, Encyclopédie des nuisances, 2008.
[8] Ce travail d’adaptation est en cours depuis longtemps, comme le montre notamment Nicolas Le Dévédec dans ses recherches. Voir en particulier : Le mythe de l’humain augmenté. Une critique politique et écologique du transhumanisme, Montréal, Écosociété, 2021.
[9] Ulrich Brand et Markus Wissen, Le mode de vie impérial. Vie quotidienne et crise écologique du capitalisme, Montréal, Lux Éditeur, 2021.
[10] C’est à peu près ce que révèle l’enquête menée par le sociologue Jean-Baptiste Comby : Écolos, mais pas trop… Les classes sociales face à l'enjeu environnemental, Paris, Raisons d’agir, 2024.
[11] Voir en particulier : Aurélien Berlan, Terre et liberté. La quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, Saint-Michel-de-Vax, La lenteur, 2022.
[12] Cette citation est attribuée à Thucydide par Cornelius Castoriadis.
[13] Pour une description un peu plus détaillée de ce projet, voir : Yves-Marie Abraham, « La décroissance soutenable comme politique de sobriété. » Lien social et Politiques, numéro 93, 2024, p. 22–42.
[14]Anselm Jappe, « Économie (Sortir de l’) », Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre (dir.), Mondes postcapitalistes, Paris, La Découverte, 2026 (édition électronique).